Stratégie pneumatique pour le Grand Prix de Bakou : Pirelli choisit les composés C3, C4 et C5 alors qu’une course à un seul arrêt se profile.
La Formule 1 se rendra à Bakou avec les composés C3, C4 et C5 de Pirelli, un choix qui laisse entrevoir un Grand Prix d’Azerbaïdjan à un seul arrêt, malgré les difficultés liées au réchauffement des pneus et à l’apparition précoce de graining sur ce circuit urbain. La prochaine manche marque également le début d’une série de trois courses consécutives, les écuries se préparant à l’un des circuits les plus singuliers du calendrier.
Le circuit urbain de Bakou mesure 6,003 kilomètres et comporte 20 virages, combinant des sections très techniques avec des lignes droites exceptionnellement longues. Quelques modifications ont également été apportées par rapport aux éditions précédentes, avec des travaux de resurfaçage effectués sur des sections spécifiques autour des virages 2, 3 et 4.
Ces zones refaites ne couvrent qu’une partie limitée du circuit et, selon Pirelli, ne devraient pas modifier de manière significative le comportement des pneus. Le facteur le plus déterminant lors des premières séances devrait être l’adhérence initiale traditionnellement faible propre aux circuits urbains.
Les conditions devraient évoluer rapidement à mesure que la ligne de course se recouvre de caoutchouc. Cette augmentation substantielle de l’adhérence au cours du week-end rendra le travail des équipes et des pilotes particulièrement délicat lorsqu’il s’agira de définir les réglages et de gérer les pneus.
La stratégie pneumatique du GP de Bakou laisse présager une course à un seul arrêt
Pirelli apportera la gamme de trois composés la plus tendre disponible pour le Grand Prix de Bakou, le C3 étant désigné comme le "dur", le C4 comme le "moyen" et le C5 comme le "tendre". Malgré cette description, la sélection est en réalité un cran plus dure que celle de l’année dernière, où le C6 figurait également parmi les composés les plus tendres.
Le C6 n’avait finalement joué aucun rôle significatif en course, les écuries et les pilotes ayant préféré les C5 et C4. Ces composés leur avaient permis d’allonger leurs relais et de conserver une plus grande souplesse stratégique.
Un scénario stratégique similaire pourrait se dessiner cette fois-ci. L’asphalte de Bakou est relativement lisse et peu abrasif, ce qui signifie que l’usure et la dégradation des pneus devraient rester limitées. Cela crée les conditions propices à une course articulée autour d’un seul arrêt au stand.
Le C5 pourrait également s’avérer plus durable que ne le laisse supposer sa position à l’extrémité "tendre" de la gamme, ce qui permettrait potentiellement des relais particulièrement longs. Un comportement similaire a été observé récemment à Monza. En revanche, le C3 pourrait ne jouer qu’un rôle marginal le jour de la course, plusieurs écuries pouvant privilégier à la place les composés plus tendres.
Pourquoi Bakou pose un défi exigeant en matière de mise en température des pneus
Bien que Bakou soit un circuit urbain, il impose tout de même des contraintes importantes aux pneus. La ligne droite principale, extrêmement longue, fait suite à une succession de phases d’accélération et de freinage à partir de vitesses relativement faibles, ce qui entraîne les changements de rythme constants typiques d’un circuit de type "stop-and-go".
La stabilité et la traction revêtent donc une importance particulière. L’efficacité aérodynamique jouera également un rôle considérable, même si les monoplaces de 2026 ajoutent une nouvelle dimension grâce à l’aérodynamique active. L’attention se concentre donc de plus en plus sur l’efficacité globale de la monoplace, l’aérodynamique active tendant à réduire certaines des différences traditionnellement créées par le choix des ailerons.
La relation entre ces longues zones d’accélération et les nouveaux systèmes aérodynamiques constitue une autre caractéristique importante de Bakou, le circuit représentant un test d’efficacité exigeant sur l’ensemble de ses sections à grande vitesse. Le défi spécifique posé par les longues lignes droites du circuit est examiné plus en détail dans l’analyse de ScuderiaFans consacrée au "Straight Mode" de Bakou 2026 et aux zones de déploiement d’énergie.
La longue ligne droite de Bakou pourrait accroître le risque de blocage des roues
L’un des aspects les plus délicats pour Pirelli sera la gestion de la température des pneus. La longue section à plein régime entre le dernier virage et le virage n° 1 permet aux pneus de refroidir considérablement avant la zone de freinage intense à la fin de la ligne droite.
Cet effet est encore amplifié par l’évolution de la conception des jantes et pourrait entraîner une conséquence en apparence contre-intuitive : un risque accru de blocage des roues au freinage, en particulier sur l’essieu avant. Les pilotes devront donc gérer la transition entre un long tronçon à grande vitesse et l’un des plus importants freinages du circuit avec des pneus qui auront peut-être perdu de la température.
L’environnement urbain pourrait également contribuer à limiter la surchauffe. Bien que Bakou puisse connaître des températures ambiantes élevées, les bâtiments entourant le circuit créent de nombreuses zones ombragées tout au long du tour. Cela réduit la quantité de rayonnement solaire direct atteignant l’asphalte et peut aider à contenir les hausses de température de la piste.
Apparition précoce du graining avant l’amélioration de l’adhérence
Le tableau d’ensemble dressé par Pirelli laisse donc entrevoir un Grand Prix où la gestion thermique, l’évolution de la piste et la stratégie à un seul arrêt pourraient devenir des facteurs déterminants.
Le graining pourrait poser quelques difficultés en début de week-end, lorsque la surface est encore peu rodée et que les niveaux d’adhérence restent faibles. Cependant, ce phénomène devrait se manifester principalement lors des premières séances et s’atténuer progressivement à mesure que l’adhérence s’améliore.
C’est pourquoi on estime actuellement que le graining n’aura probablement pas d’influence majeure sur les performances pendant le Grand Prix lui-même. Le principal défi pour les écuries consistera plutôt à comprendre à quelle vitesse le circuit évolue et à adapter leur utilisation des pneus ainsi que leurs choix de réglages à mesure que les conditions changent.
Un calendrier inhabituel modifie le rythme du week-end à Bakou
Le programme du week-end sera également différent cette année. Les deux premières séances d’essais libres sont prévues jeudi, suivies des qualifications vendredi et du Grand Prix samedi à 15 h, heure locale.
Ce rythme condensé rendra d’autant plus crucial la collecte précoce d’informations utiles, notamment compte tenu de l’évolution attendue de l’adhérence et des questions stratégiques liées à la gamme de pneus les plus tendres.
Le mélange proposé par Bakou – virages lents et techniques, longues zones d’accélération et revêtement à faible dégradation – crée donc une combinaison inhabituelle. Une course à un seul arrêt pourrait être la stratégie la plus plausible, mais les écuries devront tout de même composer avec une adhérence variable, le refroidissement des pneus dans la ligne droite principale et un éventuel "graining" en début de week-end, avant que le circuit ne se stabilise dans des conditions plus prévisibles.
Pour Ferrari en particulier, cette épreuve s’inscrit également dans un défi technique plus large sur un circuit où l’efficacité et l’équilibre entre les virages lents et les longues lignes droites revêtent une importance particulière. ScuderiaFans a également analysé les perspectives générales de Ferrari à Bakou avec la SF-26 avant le week-end en Azerbaïdjan.











