La Formule 1 va retrouver les moteurs V8 à partir de la saison 2030. Mohammed Ben Sulayem a confirmé l’échéance choisie pour l’introduction de la prochaine génération de moteurs à l’occasion de l’annonce du futur Grand Prix d’Afrique au Rwanda.
Le retour des V8 au début de la prochaine décennie était déjà envisagé, mais une incertitude subsistait concernant leur date précise d’introduction. Les saisons 2030 et 2031 avaient toutes les deux été évoquées.
Le président de la FIA a désormais tranché : le changement doit intervenir en 2030.
Cette annonce a été effectuée à Kigali aux côtés du président rwandais Paul Kagame et du président-directeur général de la F1, Stefano Domenicali. Le Rwanda doit accueillir le Grand Prix d’Afrique sur un nouveau circuit spécialement construit à partir du début des années 2030, dans le cadre d’un accord de dix ans.
Selon Ben Sulayem, la première édition de cette course bénéficiera donc de la nouvelle réglementation moteur.
Les V8 remplaceront les groupes propulseurs turbo hybrides
Ce changement marquera une rupture avec les groupes propulseurs turbo hybrides introduits en Formule 1 en 2014.
Il interviendra également après la mise en place du nouveau règlement moteur 2026, basé sur une répartition à parts égales entre la puissance provenant du moteur à combustion interne et celle issue des systèmes électriques.
En 2025, cette répartition se situait encore autour de 80-20 en faveur du moteur à combustion interne. Lorsque le règlement 2026 a été annoncé en 2022, la F1 avait choisi de porter la contribution électrique à 50 % afin notamment d’attirer davantage de constructeurs.
Ce fonctionnement a cependant entraîné des critiques. Lorsque les voitures épuisent leur énergie électrique, elles doivent passer par des phases de récupération et de recharge. Fernando Alonso, Max Verstappen et Lando Norris font notamment partie des pilotes ayant vivement critiqué cet aspect des nouvelles unités de puissance.
Des monoplaces environ 80 kg plus légères
Ben Sulayem a également donné plusieurs indications concernant les objectifs poursuivis avec la prochaine réglementation.
"Ce qui est formidable avec 2030, c’est que nous travaillons ensemble ; le lancement du nouveau V8 aura lieu en 2030, donc le Rwanda disposera de ce moteur lors de sa toute première course ", a déclaré le président de la FIA.
La réduction du poids des monoplaces constitue l’une des priorités.
"Lorsque nous avons réfléchi : “Quels sont les objectifs de ce moteur ?”, en tant que pilote, la première chose dont nous avons besoin, ce sont des voitures légères, donc elles seront environ 80 kilogrammes plus légères, et peut-être que je ne devrais pas le dire maintenant à la presse."
Un deuxième objectif concerne la maîtrise des dépenses nécessaires au développement et à l’exploitation des moteurs.
"Ensuite, le deuxième point concerne la pérennité économique, donc il y aura au moins 50 % de coûts en moins en R&D et au niveau du moteur."
Ben Sulayem veut également retrouver le son des V8
La FIA souhaite enfin répondre aux attentes des spectateurs en remettant le son des moteurs au centre de la prochaine réglementation.
"Troisièmement, il s’agit des fans. Il s’agit du son, pas du bruit, et je pense que ce n’est pas une question de maturité ; nous pouvons le faire en 2031, ce qui ramène tout à la FIA."
Ben Sulayem affirme disposer du soutien nécessaire pour que cette transformation soit effective dès 2030.
"Non, j’ai le soutien de la FOM, de la Formule 1, j’ai le soutien des constructeurs, donc il sera lancé ici. Je suis convaincu qu’il sera lancé ici."
La saison 2030 doit donc marquer le retour des V8 en Formule 1, mettant fin à l’ère des groupes propulseurs turbo hybrides commencée en 2014.











