Analyse – Ferrari peut bel et bien tirer parti de la fiabilité de Mercedes

0
Charles Leclerc, Ferrari, GP de Grande-Bretagne

©

La brillante stratégie de Ferrari à Silverstone bouleverse le championnat.

La 250e victoire de Ferrari en Formule 1 a été célébrée sur le circuit même où la légendaire écurie de Maranello avait remporté son tout premier Grand Prix avec José Froilán González : l’emblématique circuit de Silverstone.

Ce fut un triomphe totalement inattendu après la performance décevante de Ferrari en Autriche. Pour la Scuderia, ce résultat revêt une importance capitale, tant d’un point de vue technique qu’en termes de moral.

La neuvième victoire de Charles Leclerc en Formule 1 a enfin mis fin à une disette qui durait depuis près de deux ans. Mais surtout, c’était la première fois cette saison que le pilote monégasque semblait véritablement en symbiose avec la SF-26, après une série douloureuse de courses décevantes.

Il y est parvenu en battant Lewis Hamilton tant lors des qualifications que pendant la course, sur un circuit longtemps considéré comme une sorte de circuit de maison pour le septuple champion du monde.

Toute analyse objective de la course doit également tenir compte du problème qui a touché la Mercedes W17 de Kimi Antonelli. Dans les derniers tours, l’Italien semblait avoir le rythme nécessaire pour se battre pour la tête, aidé par un train de pneus plus frais.

Un nouveau problème de fiabilité sur la Red Bull de Max Verstappen a déclenché l’intervention de la voiture de sécurité. Mercedes a pris un risque avec George Russell en le laissant en piste, ce qui lui a permis de se glisser entre les deux pilotes Ferrari.

Alors que tout le monde s’attendait à ce que la course reprenne, Lewis Hamilton a subi le coup le plus cruel qui soit. Le Grand Prix s’est finalement terminé derrière la voiture de sécurité au milieu d’une controverse généralisée, malgré les appels lancés après Monza 2022 pour éviter de priver les fans d’une véritable arrivée de course par un lent défilé jusqu’au drapeau à damier.

Concrètement, Ferrari a perdu ce qui semblait être un doublé assuré, tandis que "Lucky Russell" a une nouvelle fois réussi à grignoter l’avance du leader du championnat.

La leçon tirée de Silverstone pourrait bien, en fin de compte, sceller l’issue de cette saison. La Mercedes W17 est sans aucun doute la voiture la plus rapide du plateau, du moins entre les mains de Kimi Antonelli. Cependant, des problèmes de fiabilité commencent à se manifester de plus en plus fréquemment.

Tant que les Flèches d’Argent bénéficiaient d’un avantage de performance confortable sur le reste du peloton, elles pouvaient gérer chaque composant de la voiture de manière prudente. Il faut reconnaître à Ferrari le mérite d’avoir comblé cet écart sur plusieurs circuits, forçant Kimi Antonelli et George Russell à pousser leurs bolides beaucoup plus à fond.

Ce championnat devrait se jouer sur la régularité et la capacité à enchaîner les bons résultats course après course. Il suffit de jeter un coup d’œil au classement des pilotes pour comprendre pourquoi.

Bien qu’il ait remporté cinq des neuf premières courses, Kimi Antonelli subit désormais une pression croissante de la part de son coéquipier, qui n’est qu’à 25 points derrière lui malgré seulement deux victoires cette saison, tandis que Lewis Hamilton s’est rapproché à 32 points après avoir renoué avec la victoire à Barcelone.

Si ce championnat devient réellement une bataille de régularité plutôt que de vitesse pure, alors les performances livrées par Hamilton et Leclerc au Red Bull Ring devraient également être considérées sous un angle différent. L’écurie de Maranello sait qu’elle ne dispose pas du groupe motopropulseur le plus puissant, mais elle tire le maximum de tous les autres aspects de la SF-26.

La SF-26 présente une ressemblance frappante avec la SF70H, la monoplace de Ferrari de 2017 : un excellent ensemble aérodynamique et mécanique qui était toutefois freiné par un déficit technologique de la première génération de groupes motopropulseurs hybrides par rapport à Mercedes.

Le déroulement de ce championnat pourrait encore prendre une tournure inattendue, surtout si Ferrari continue d’accumuler régulièrement des points tout en restant à portée des leaders du championnat, tant au classement des pilotes qu’à celui des constructeurs.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *