F1 au Rwanda : Amnesty International dénonce un accord controversé

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Paul Kagame

Paul Kagame – Mohammed Ben Sulayem – Stefano Domenicali

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La F1 va revenir sur le continent africain pour la première fois depuis 1993.

Le retour annoncé de la Formule 1 en Afrique suscite déjà de vives critiques. Amnesty International accuse le championnat de contribuer au "sportswashing " du Rwanda en lui accordant l’organisation d’un Grand Prix pour une durée de dix ans.

Officialisé mardi, l’accord prévoit l’arrivée du Grand Prix du Rwanda au calendrier au début des années 2030. La course se déroulera sur un nouveau circuit construit à Bugesera, à environ 40 kilomètres au sud de Kigali, la capitale rwandaise.

Cet événement marquera le retour de la Formule 1 sur le continent africain, qui n’a plus accueilli de Grand Prix depuis l’épreuve disputée en Afrique du Sud en 1993.

Mais si cette annonce représente une étape importante pour le championnat, le choix du Rwanda provoque également des réactions de la part d’organisations de défense des droits humains.

Amnesty International accuse la F1 de favoriser le "sportswashing"

Felix James, responsable des campagnes d’Amnesty International au Royaume-Uni, a vivement critiqué le partenariat conclu entre la Formule 1 et les autorités rwandaises.

"Un Grand Prix de 10 ans “présenté par Visit Rwanda” est une récompense de sportswashing pour les autorités rwandaises", a-t-il déclaré.

L’organisation estime que le Rwanda utilise ses investissements dans les grandes compétitions sportives internationales pour améliorer son image à l’étranger.

"Arsenal, Aston Villa, les Championnats du monde de cyclisme et maintenant la Formule 1 : le Rwanda investit dans les plus grands sports du monde pour redorer son image et détourner l’attention de son bilan déplorable en matière de droits humains."

Amnesty International reproche notamment aux autorités rwandaises des pratiques contraires aux droits fondamentaux.

"Les autorités rwandaises ont largement recours à la détention arbitraire, à la torture et à la répression de la liberté d’expression : ce sont des violations des droits humains commises à l’intérieur du pays."

Ces critiques interviennent également dans un contexte de tensions régionales, les Nations unies ayant accusé le gouvernement rwandais de soutenir le groupe rebelle M23 en République démocratique du Congo.

La Formule 1 défend son arrivée au Rwanda

Face aux critiques, la Formule 1 met en avant les retombées positives que pourrait générer l’organisation d’un Grand Prix sur le continent africain.

Un porte-parole du championnat, cité par la BBC, a notamment souligné la capacité du sport à toucher de nouveaux publics.

"Nous avons l’occasion d’inspirer 100 millions de personnes à travers l’Afrique et de leur transmettre la passion de la F1, et le sport peut être une force positive au service du bien."

Un argument contesté par Amnesty International, qui considère que la F1 doit également tenir compte du bilan de ses partenaires en matière de droits humains.

"La Formule 1 affirme que le sport peut être “une force positive au service du bien”. Cela sonne creux si la F1 ferme les yeux sur l’identité de ses partenaires."

L’annonce du Grand Prix d’Afrique place ainsi la Formule 1 face à deux enjeux : concrétiser son retour sur un continent absent du calendrier depuis plus de trois décennies et répondre aux critiques concernant son partenariat avec le Rwanda.

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