Depuis des mois, l’un des sujets les plus débattus concernant le règlement de la Formule 1 pour 2026 est la hiérarchie supposée des nouveaux groupes motopropulseurs. L’opinion générale au sein du paddock est que Mercedes a mis au point le moteur de référence, tandis que Ferrari se retrouve à courir après un déficit de performance considérable, qui s’élèverait, selon certaines estimations, à pas moins de 30 chevaux. Cependant, de récentes rumeurs liées au nouveau système de la FIA, l’Allowance Development and Upgrade Opportunity (ADUO), commencent à brosser un tableau très différent.
Si les dernières informations s’avèrent exactes, le moteur à combustion interne le plus puissant pourrait ne pas appartenir à Mercedes du tout. Au contraire, Red Bull Powertrains pourrait s’imposer comme la référence, tandis que Mercedes elle-même pourrait bénéficier des concessions de la FIA destinées à aider les constructeurs à combler leurs écarts de performance.
Pourquoi la position de Mercedes attire l’attention
L’aspect le plus intrigant de ces rapports n’est pas Ferrari ou Honda. C’est Mercedes.
Les informations circulant dans le paddock suggèrent que le constructeur allemand pourrait fonctionner avec un déficit de puissance d’environ 2 % par rapport à la référence actuelle en matière de moteur à combustion interne.
Ce chiffre suffirait pour bénéficier de certaines opportunités de développement ADUO. Les implications sont importantes. Si Mercedes avait véritablement construit le moteur à combustion le plus puissant de la prochaine génération de groupes motopropulseurs de Formule 1, il n’y aurait guère de raison pour que l’entreprise soit incluse dans un cadre de concessions destiné aux constructeurs en retard sur les leaders. C’est précisément cette contradiction apparente qui pousse les ingénieurs, les analystes et les fans à examiner de plus près ces informations émergentes.
Red Bull Powertrains pourrait être le leader surprise
La plus grande surprise est peut-être la compétitivité apparente de Red Bull Powertrains.
Lorsque le projet a été annoncé pour la première fois, beaucoup se sont demandé si une structure relativement nouvelle pouvait réellement rivaliser dès le premier jour avec des constructeurs établis tels que Ferrari et Mercedes.
Aujourd’hui, ces doutes semblent s’estomper. Une grande partie des progrès du projet serait due à une stratégie de recrutement agressive qui a permis d’attirer à Milton Keynes, ces dernières années, des spécialistes expérimentés issus de Honda, Mercedes et Renault. L’intégration d’ingénieurs ayant précédemment travaillé directement sur le programme de groupes motopropulseurs de Formule 1 de Honda, couronné de succès, a été particulièrement importante. Leur expertise semble avoir apporté une continuité et des connaissances techniques précieuses tout au long du processus de développement.
Si les rumeurs sont fondées, le résultat pourrait être un moteur à combustion interne qui établit actuellement la norme pour l’ensemble de la catégorie.
Le déficit de Ferrari reflète-t-il toute la réalité ?
Cela soulève naturellement une autre question importante : Ferrari est-elle vraiment aussi loin derrière que certains rapports le suggèrent ?
Les spéculations actuelles concernant l’ADUO indiquent un déficit potentiel compris entre 4 % et 6 % pour Ferrari par rapport au moteur à combustion de référence. À première vue, cela confirmerait que l’écurie de Maranello est toujours à la traîne en termes de performances pures du moteur à combustion interne.
Cependant, il existe un détail crucial qui est souvent négligé. Les évaluations de l’ADUO se concentrent exclusivement sur le moteur à combustion interne. Le groupe motopropulseur de Formule 1 de 2026, en revanche, s’appuiera fortement sur l’électrification, avec environ la moitié de sa puissance totale provenant de la composante électrique. Cela signifie que tout classement basé uniquement sur les performances du moteur à combustion ne donne qu’une image partielle de la situation. Ferrari pourrait avoir des atouts dans les systèmes électriques, le déploiement de l’énergie ou l’efficacité de la récupération. De même, Mercedes pourrait compenser un déficit du moteur à combustion par des performances hybrides supérieures.
Tant que les groupes motopropulseurs complets n’auront pas été testés en conditions de course, il restera difficile de tirer des conclusions définitives.
Qu’en est-il de l’avantage de Mercedes en matière de taux de compression ?
L’une des théories les plus répandues ces derniers mois tournait autour de l’avantage significatif que Mercedes aurait tiré d’une stratégie innovante en matière de taux de compression.
De nombreuses analyses techniques ont désigné ce domaine comme une raison clé de la supériorité attendue du groupe motopropulseur Mercedes. Les dernières informations relatives à l’ADUO semblent remettre en cause cette interprétation. Si Mercedes n’est pas actuellement la référence en matière de performances du moteur à combustion, alors soit les avantages de cette solution ont été surestimés, soit son impact sur les performances globales est moindre qu’on ne le pensait initialement.
En l’absence de données officielles de la FIA, il est impossible de tirer des conclusions définitives. Néanmoins, la possibilité que Mercedes soit éligible à des concessions a relancé un débat que beaucoup pensaient déjà clos.











